La Résistible Ascension d'Arturo Ui

The Resistible Rise of Arturo Ui
by Bertolt Brecht
Directed by Katharina Thalbach
Saison 2017-2018
Du 27 February au 21 May
Durée 2:05 (without intermission)
Lieu Salle Richelieu
La Résistible Ascension d'Arturo Ui
Brecht est en exil aux États-Unis lorsqu’il finalise en 1941 cette pièce où, comme le relève Bernard Dort, la distanciation est plus que jamais une « entreprise de déconditionnement et de destruction des idéologies ».

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  • Le dramaturge allemand transpose les mécanismes de l’ascension d’Hitler dans le Chicago des années 1930 avec le trust du chou-fleur en crise. D’Hitler à Al Capone, du nazisme à la pègre, les procédés sont les mêmes : intimidation, chantage, détournement d’argent, menace, meurtre, jusqu'au cours grotesque de diction, chaplinesque, pour mieux haranguer les foules. « Le ventre est encore fécond... », prévient Brecht. Plus de soixante ans après la mort du dramaturge, Arturo Ui traverse l’Histoire et parle toujours au présent. C’est à une figure historique du Berliner Ensemble qu’est confiée, en 2017, l’entrée au Répertoire de La Résistible Ascension d’Arturo Ui. Katharina Thalbach, fille de Benno Besson et de Sabine Thalbach – actrice chez Brecht –, a grandi après la mort de sa mère sous la protection de la troupe, particulièrement d’Helene Weigel, veuve de l’auteur qui lui succéda à la direction du Berliner. Metteure en scène de théâtre et d’opéra reconnue, c’est hors de tout dogmatisme et dans la grande tradition de ces histrions inspirés qu’elle porte le souffle épique de cette « farce politique ».

    La période romantique est à bien des égards un âge d’or des échanges interculturels européens. Le théâtre français s’inspire alors de l’œuvre de Shakespeare, mais aussi des romantiques allemands. La fin du siècle et le conflit franco-prussien en 1870 met fin à ces jeux d’influences et d’inspirations mutuelles. La Prusse puis l’Allemagne, nouvel ennemi héréditaire, n’a plus droit de cité sur la première scène française alors que le Répertoire s’ouvre aux dramaturgies anglaises, italiennes et scandinaves dans l’entre-deux-guerres. Le traumatisme du second conflit mondial laisse des traces, mais s’il est vrai que la Comédie-Française interprète peu le répertoire allemand, l’influence se joue désormais davantage sur le terrain de la mise en scène que sur celui des textes.

    Après les collaborations anglaises des années 1970, la Comédie-Française monte un spectacle marquant avec l’Allemand Klaus Michaël Grüber.

    Il monte une mythique et révolutionnaire Bérénice. Les attaques sont nombreuses contre le spectacle et réveillent à nouveau des rancœurs vieilles d’un demi-siècle. Certains y voient une interprétation magistrale de la tragédie racinienne,une réinvention du vers, d'autres polémiquent sur l'opportunité de confier un chef-d’œuvre du théâtre classique français à un metteur en scène allemand. La Troupe sort grandie de cette expérience et de cette rencontre avec un metteur en scène qui porte une tradition théâtrale différente. D’autres metteurs en scène allemands lui emboîteront le pas : Alexander Lang, Mathias Langhoff, Isabelle Osthues, Lukas Hemleb et Katharina Thalbach.

  • Mise en scène : Katharina Thalbach
    Traduction : Hélène Mauler et René Zahnd
    Scénographie et costumes : Ezio Toffolutti
    Lumières : François Thouret
    Travail chorégraphique : Glysleïn Lefever
    Son : Jean-Luc Ristord
    Arrangements musicaux : Vincent Leterme
    Collaboration artistique : Léonidas Strapatsakis
    Assistanat à la mise en scène : Ruth Orthmann
    Assistanat à la scénographie : Liccia Lucchese

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