La Dame de la mer

by Henrik Ibsen
adapted for the stage and directed Géraldine Martineau
Saison 2022-2023
Du 25 January au 12 March
Durée about 1:55
Lieu Vx-Colombier
La Dame de la mer
After directing "The Little Mermaid" in 2018 at the Studio-Théâtre, Géraldine Martineau, who has since become a "pensionnaire" of the Troupe, turns her attention to another journey of female emancipation with Ibsen’s "The Lady from the Sea".

Discover the play

  • Never performed at the Comédie-Française, this play by the Norwegian playwright, a precursor of modern theatre, offers a world at once stuck in the doldrums of the everyday and transcended by supernatural phenomena – under the influence of fantasies that have become phobias.
    Ellida lives with her older husband, a doctor, and the two daughters he had from a first marriage, in a house with no views, whose stifling calm she escapes by going to the sea every day. The atmosphere is joyous as the play opens with preparations for a party where the arrival of two guests promises to brighten up the girls’ walks. Ellida, who is haunted by the vision of a sailor to whom she had vowed her eternal love, is forced to make a crucial choice when this stranger returns from his travels to ask her to be faithful to her youthful passion and follow him.
    Harnessing this sense of “secret nostalgia”, Géraldine Martineau engages with the rich layers of Ibsen’s characters and sets the scene of their listless lives at a time when certainties fissure and dreams drift away. Faced with this reconstituted family, under the weight of taboos imposed by a good-natured patriarchal authority, she imagines an organic scenography that is all shimmer. From the call of the sea to the forest of our unconscious, the liberating power of the imagination sets in motion the eternal struggle between determinism and free will.

    with the generous support of Aline Foriel-Destezet, great ambassador of artistic creation

    NEW PRODUCTION

    Version scénique d’après la traduction de Maurice Prozor

    Révélé en France par Émile Zola, Henrik Ibsen (1828-1906) est accueilli sur les scènes parisiennes au cours de la dernière décennie du XIXe siècle sous l’égide d’André Antoine - chantre du naturalisme théâtral et directeur du Théâtre-Libre - puis de Lugné-Poe, fondateur du Théâtre de l’Œuvre où il accueille le symbolisme.

    C’est en 1921, sous l’administration d’Émile Fabre, que le dramaturge norvégien fait une entrée remarquée au répertoire de la Comédie-Française avec Un ennemi du peuple. Pour la première fois en effet on y accueille un chef-d’œuvre étranger, exception faite des pièces de Shakespeare jouées depuis le XVIIIe siècle dans des adaptations très libres, et de deux pièces écrites par Carlo Goldoni spécialement pour les Comédiens-Français.

    La première d’Un ennemi du peuple, Salle Richelieu, se fait avec éclat et sans scandale, loin des protestations qu’avaient provoquées les premières représentations au Théâtre de l’Œuvre vingt-sept ans auparavant. Dégagée de son atmosphère brumeuse, « ibsénienne », dont se plaisaient à l’envelopper ses premiers metteurs en scène, la pièce est présentée dans une lecture nouvelle, plus réaliste.

    Grand amateur d’Ibsen, Émile Fabre fait également entrer au Répertoire Hedda Gabler quatre ans plus tard, en 1925. Il fait appel à Lugné-Poe pour superviser la mise en scène du sociétaire Charles Granval et à Marie-Thérèse Piérat pour tenir le rôle-titre. Le décor de Granval aux « tons d’aquarium » ne plaît pas et la comédienne ne fait pas l’unanimité : on lui reproche d’embourgeoiser le personnage féminin, de la jouer en « Bovary du Nord ». Il faut attendre la reprise de 1936, dans un nouveau décor de Léo Devred et avec une nouvelle interprète, Mary Marquet, proposant une vision plus cérébrale, pour que la pièce trouve son public.

    Après cette reprise, Ibsen disparaît des affiches de la Comédie-Française pendant près de cinquante ans. Le Canard sauvage, proposé par deux fois au Comité de lecture, en 1930 par Émile Fabre et en 1940 par Jacques Copeau, est enfin joué le 4 décembre 1993 dans une traduction de Terje Sinding. Pour son metteur en scène, Alain Françon, ce drame social s’inscrit dans « un théâtre de construction abstraite, obsessionnelle, mathématique, dont les personnages sont absolument terrifiants ». Dans un décor épuré de Jacques Gabel, un atelier glacial avec neige fondue sur la verrière, la distribution réunit Jean-Yves Dubois, Jean-Baptiste Malartre, Martine Chevallier et Anne Kessler.

    En 2002, Jean-Pierre Miquel signe, au Théâtre du Vieux-Colombier, une nouvelle mise en scène d’Hedda Gabler, « l’une des pièces fondatrices du théâtre moderne », avec la création d’un nouveau type de personnage fondé sur une notion psychologique inhabituelle la dramaturgie classique, l’ennui. Il offre le rôle-titre à la comédienne Clotilde de Bayser qui lui apporte « une modernité féministe ».

    En 2006, pour sa première mise en scène, la sociétaire Anne Kessler retrouve le dramaturge scandinave qui lui avait procuré « l’une de ses grandes joies au théâtre » lorsqu’elle jouait dans Le Canard sauvage, sous la direction d’Alain Françon. Elle explore, dans un spectacle intitulé Grief[s], les univers de Strindberg, Ibsen et Bergman.

    Enfin, Peer Gynt, formidable pièce de troupe, mais aussi pièce-monde à la « démesure mythique », multipliant les décors, les époques et les personnages, est mise en scène par Éric Ruf en 2012 dans le Salon d’Honneur du Grand Palais. Le metteur en scène-scénographe, qui avait lui-même joué le rôle-titre sous la direction de Philippe Berling au Théâtre du Peuple à Bussang en 1996, installe au centre d’un dispositif bifrontal « une grande route sur laquelle défilent et se perdent nos fantômes et nos rêves ».

    Cette saison, La Dame de la mer sera présentée pour la première fois à la Comédie-Française au Théâtre du Vieux-Colombier. Lorsqu’il écrit cette pièce en 1888, le dramaturge est classé parmi les monstres sacrés et son inspiration poétique semble être à son apogée.

    — Visuel : Le Canard sauvage d’Henrik Ibsen, mise en scène d’Alain Françon, 1993, avec Martine Chevallier, Jean-Baptiste Malartre
    Photo © P. Nozolino, coll. Comédie-Française

  • Stage version and staging: Géraldine Martineau
    Translation: Maurice Prozor
    Scenography: Salma Bordes
    Costumes: Solène Fourt
    Lights: Laurence Magnée
    Original music and sounds: Simon Dalmais
    Choregraphy: Sonia Duchesne
    Artistic collaboration: Sylvain Dieuaide
    Staging assistant: Elizabeth Calleo

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