Bérénice
directed by Guy Cassiers
Du 26 March au 11 May
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Bérénice was an ideal piece to conduct his usual artistic reflections on European history, on the power of political discourse, on the place of people in government matters, and the way the repertoire remains relevant when it comes to contemporary issues. The elegant style used to deploy the pared-down plot contrasts with the confusing effects of its love triangle. Titus and Bérénice are in love with each other, but Titus faces a dilemma: when his father died, he became the emperor of Rome, and the Senate forbids him to marry a foreign queen. Guy Cassiers presents a strong Bérénice facing both a cowardly Titus and his friend Antiochus, also in love with her, who desperately tries to delay her inevitable departure.
Racine’s Bérénice, which premiered in 1680 at the Comédie-Française, was directed in a most ground breaking way, with aesthetics mixing the highly classical nature of the text to remarkable visual modernity. In this production by Guy Cassiers, known for incorporating video technologies to the dramaturgy of his productions, the scene, set in Titus and Bérénice’s room, “an antechamber where time seems to have stopped”, was devised to perpetually evolve depending on the characters’ mental state, projecting images through video mapping and artificial intelligence. The actors are set to share Racine’s verses within a moving environment illustrating the conflict between political responsibility and intimacy, to try and answer the following question: “How to say goodbye?”NEW PRODUCTION
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« Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l’action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie ». (Jean Racine, préface de Bérénice).
Figure de la solitude et de la tristesse, symbole du conflit opposant la passion amoureuse à la raison d’État, la princesse juive Bérénice n’a cessé d’inspirer dramaturges, peintres et compositeurs. Créée le 21 novembre 1670 à l’Hôtel de Bourgogne, la Bérénice de Racine aurait été commandée par la princesse Henriette d'Angleterre, épouse du frère du Roi, en écho à sa passion impossible avec le souverain. Racine prend comme point de départ une phrase de l'historien latin Tacite à propos de l’empereur Titus : « Quant à la reine Bérénice, à laquelle il avait, dit-on, promis le mariage, il la renvoya aussitôt de Rome, malgré lui, malgré elle » et revendique la primauté des sentiments sur l’action, réduite à sa plus simple expression : « Toute l’action consiste à faire quelque chose de rien », écrit l’auteur dans sa préface.
Le dramaturge Corneille s’empare dans le même temps du sujet, espérant ainsi reprendre sa place de premier auteur tragique et propose, huit jours après Racine, une comédie héroïque, Tite et Bérénice dont la création est confiée à la troupe de Molière, avec Mlle Molière et La Thorillière dans les rôles-titres. Des deux Bérénice proposées en 1670, celle de Racine recueille la majorité des suffrages. Le Roi lui-même exprime sa préférence pour celle-ci et en commande une représentation devant la Cour. La création du rôle est confiée à la Champmeslé, l’« enchantrice », actrice débauchée par Racine de l’Hôtel du Marais. Elle endosse avec Bérénice son premier grand rôle tragique face au grand Floridor. À cette première interprète succèdent les plus grandes tragédiennes de la Comédie-Française : Adrienne Lecouvreur(1724), Saint-Val cadette (1782), Mlle George (1807), Rachel (1844),Julia Bartet (1893), puis à partir du XXe siècle, les actrices Annie Ducaux (1946), Renée Faure (1962), Denise Noël (1963), Geneviève Casile (1979), Ludmila Mikaël (1984), l’acteur Shahrohk Moshkin Ghalam (2009), et enfin Martine Chevallier (2011).
Premier metteur en scène allemand invité à la Comédie-Française, Klaus-Michael Grübersigne en 1984 l'une des mises en scène les plus remarquées de la tragédie de Racine. Il place les amours contrariées de Titus (Richard Fontana) et d’une Bérénice réorientalisée (Ludmila Mickaël), dans un décor de Gilles Aillaud où coexistent deux espaces : un « univers oppressif » pour la Rome occidentale, coupole de brique rouge et pierre blanche massive au sol, et un univers aérien, tout en légèreté, pour l’Orient de Bérénice. Les personnages y évoluent avec lenteur, murmurant leur amour perdu dans une intensité tenue. « Psalmodie plaintive », chuchotements inaudibles pour ses détracteurs, interprétation magistrale, intime, sensuelle pour les autres, Grüber interroge, dans un spectacle qu’il souhaite « essentiel », les fondements du théâtre et explore la densité et les limites du « rien » sur lequel repose la pièce.
En1996, le Tite et Bérénice de Corneille, qui avait été éclipsé par la pièce de Racine, puis avait disparu du répertoire des pièces « qui se peuvent jouer » par les Comédiennes et Comédiens-Français (en 1685), est exhumé par le metteur en scène Patrick Guinand. Si la sobriété de la mise en scène et la déclamation parfaite des interprètes permettent d’entendre les très grandes qualités du texte et un Corneille qui a souhaité se réinventer, c’est bien la tragédie de Racine qui fera l’objet des mises en scène suivantes.
Faustin Linyekula en signe en 2009 une nouvelle mise en scène au Studio-Théâtre en choisissant d’inscrire les enjeux de la tragédie dans la situation de la République Démocratique du Congo et dans son rapport à l’Histoire. Il souhaite« déplacer la question du rôle » et confie ainsi celui de Bérénice au comédien Shahrokh Moshkin Ghalam, d’origine perse, et celui d’Antiochus à Céline Samie, tandis que Bakary Sangaré, acteur d'origine africaine, porte le rôle de Titus.
Situant l’action entre deux portes, dans « un espace mental », Muriel Mayette-Hotz revient à une interprétation plus sensuelle et raconte avec sa Bérénice en2011 « l’histoire de la traversée d’une nuit », « le nécessaire voyage de deuil, mêlé de violences, de lâchetés, de reproches et de larmes ». Depuis cette mise en scène, la pièce a fait l’objet d’une lecture dans le cadre de l’enregistrement radiophonique de l’intégrale des tragédies de Racine avec France Culture (2015-2024).
Cette saison, Guy Cassiers revient aux sources de l’histoire de la princesse juive pour parler de notre époque, tant sur le plan politique et sociétal que sur celui de l’intime.
Claire Lempereur
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Directed by: Guy Cassiers
Scenography: Guy Cassiers and Bram Delafonteyne
Costumes: Anna Rizza
Lighting: Frank Hardy
Video: Bram Delafonteyne and Frederik Jassogne
Original music and sound: Jeroen Kenens
Assistant director: Robin Ormondand the Académie de la Comédie-Française
Sound assistant: Samuel Robineau
Documents
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Programme du spectacle « Bérénice » de Jean Racine mise en scène Guy Cassiers, Théâtre du Vieux-Colombier, saison 2024-2025
Casting
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Silhouette de Titus et d’Antiochus : Pierre-Victor Cabrol