Macbeth
adapted, directed and staged by Silvia Costa
translated by Yves Bonnefoy
Du 24 January au 11 May
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The play was added to the Répertoire in 1985; this nighttime tragedy remains fascinating due to its intense, bloodthirsty quality combined with the importance of its supernatural dimension.
The Italian director tackles the destiny of general Macbeth. He was told by three witches he would become king; obsessed with this prophecy, he commits regicide with the help of his wife. After generous and honest king Duncan is killed comes the turn of his friend Banquo, the troublesome witness. The couple is strangled by guilt and descends into madness. The usurper and his wife – who keeps seeing her hands tainted with blood – seem to mould into a single figure of human complexity. Per the three fatal sisters’ announcement, (“Fair is foul, and foul is fair: / Hover through the fog and filthy air.”) the whole play relies on a disarray of values extending the intimate up to the moral and political spheres: between right and wrong, soundness and madness, the real and the imaginary, transgression and thirst for power, life and death, male and female figures... Silvia Costa fashioned a metaphorical environment matching the labyrinth encased within the king’s conscience. “Life’s but a walking shadow”, says Macbeth, gradually unearthing his darkest desires.This show premiered on March 26, 2024 at the Salle Richelieu
À partir de mars 2024, va être rejouée… Chut, prononcer ce titre porte malheur !
À partir de mars 2024, va être rejouée « la pièce écossaise » de Shakespeare ! L’auteur puise son inspiration dans l’Écosse du XVIe siècle, dirigée par le roi Jacques VI, fasciné par la magie et pourfendeur de la sorcellerie à qui il impute son accident en mer en 1589.
Shakespeare fait référence à cet événement dans Macbeth, parangon théâtral du surnaturel et du cauchemar dont les représentations seraient placées sous les plus mauvais augures depuis sa création. Selon la légende, l’acteur jouant Lady Macbeth serait décédé subitement et aurait été remplacé par Shakespeare lui-même peu avant la création de la pièce, tandis que l’interprète du roi Duncan aurait péri durant les représentations sous les coups de véritables poignards substitués aux accessoires. Rien que la prononciation du titre porterait malheur, mais les accidents et décès survenus depuis et attribués, dans les pays anglosaxons, à la malédiction frappant cette pièce, semblent avoir épargné la Comédie-Française...Récit d’une accession au pouvoir pervertie par une prémonition destructrice, Macbeth compte parmi les pièces les plus sombres de Shakespeare inscrites au répertoire de la Comédie-Française. Effrayantes protagonistes au lever du rideau, trois sorcières apparaissent et disparaissent bientôt mystérieusement devant Macbeth et Banquo incrédules, et le spectre – muet – de Banquo assassiné apparaît bientôt à Macbeth dont l’état psychique donne aux visions et cauchemars une réalité maléfique.
D’abord jouée dans la version de Ducis (1786), la pièce l’est ensuite dans celle de Richepin (1914) mise en scène par Albert Carré. Les sorcières font apparaître, derrière une toile métallique lumineuse, le spectre (René Alexandre) visible de Macbeth seul. Dans la mise en scène de Jean-Pierre Vincent au Festival d’Avignon en 1985, leurs interprètes vêtues de noir surgissent le crâne rasé émergeant d’une large fraise (costumes Thierry Mugler), dans un nuage de fumée s’étendant sur l’immense prairie au pied de la muraille du Palais des papes funestement balayé, le jour de la première, par un mistral à découronner Malcom (Jean-Yves Dubois) et à provoquer les rires pendant les répliques les plus guerrières.
Lors de sa reprise qui marque l’entrée au Répertoire du texte de Shakespeare, Jean-Pierre Vincent exploite la machinerie de la Salle Richelieu ou le spectre de Banquo (Alain Pralon) promène son visage, « image d’une horreur dépouillée » à travers le décor gris parcouru de lumières hallucinatoires. Le mauvais sort sera donc à nouveau conjuré avec une nouvelle présentation de Macbeth en 2024.QUAND LES TRADITIONS THÉÂTRALES PERPÉTUENT DES CRAINTES ET CROYANCES
D’autres superstitions restent vivaces. Si l’on peut prononcer aujourd’hui sans crainte « Macbeth » sur les plateaux de théâtre, jamais on n’y entend le mot « corde », terme également banni sur les bateaux. En effet, les premiers machinistes étaient des marins, particulièrement habilités à se déplacer sur d’étroites passerelles suspendues dans les cintres et à manipuler les divers fils et guindes actionnant les rideaux et toiles de décors. De toutes les cordes possédant un nom et une fonction définis sur un navire (amarre, drisse, écoute…), une seule conserve son nom, celle de la cloche et de la pendaison des mutins, qui est donc de mauvais augure !
Autre interdit verbal, « bonne chance » avant une représentation à remplacer par un « merde ! » plus fleuri, lointaine évocation des voitures à cheval qui déposaient les spectateurs et spectatrices que l’on espérait nombreux. Et le comédien ou la comédienne ne doivent pas remercier ce porte-bonheur mais l’accepter par un « Je prends ! », reconnaissant et poli… D’autre part, est banni l’œillet des fleurs offertes pour une première ou un autre événement car au XIXe siècle, le directeur signifiait le non-renouvellement du contrat d’un comédien en lui envoyant cette fleur, ou, dans le cas contraire, des roses.
L’origine des superstitions touchant le monde du théâtre est parfois erronée, comme celle relative au bannissement des costumes verts : si la toxicité de l’oxyde de cuivre utilisé pour teindre les tissus en vert pourrait être une piste, il est erroné d’attribuer cette superstition au fait que Molière s’est éteint dans un costume de cette couleur, lui qui mourut à son domicile, dans son costume du Malade imaginaire, qui était rouge.
Aujourd’hui, chaque soir après le spectacle, à la Comédie-Française et ailleurs, la « servante », cette lampe sur pied qui éclaire les bords du plateau par mesure de sécurité, convoque, aime-t-on dire, les fantômes du théâtre à jouer librement sur scène. Place est ainsi faite aux esprits du Macbeth mis en scène par Silvia Costa…
Florence Thomas
Archiviste-documentaliste à la Comédie-Française -
Adaptation, direction and scenography: Silvia Costa
Translation: Yves Bonnefoy
Dramaturgy: Simon Hatab
Scenography: Michele Taborelli
Costumes: Camille Assaf
Lighting: Marco Giusti
Original music and sound: Nicola Ratti
Assistant director: Alison Hornus and Mathilde Waeber
Assistant scenography: Dimitri Lenin
Assistant costume designer: Alma Bousquet
Assistant sound designer: Ania Zante
Documents
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Programme de Macbeth, d’après Shakespeare. Adaptation et mise en scène Silvia Costa, Salle Richelieu (saison Molière 2024-2025).
Casting
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Voices of the Sœurs fatales: Suliane Brahim, Jennifer Decker, Birane Ba, Adrien Simion, Jordan Rezgui
Voice of the Child: Marceau Adam Conan