L'Interlope (cabaret)

by Serge Bagdassarian
Directed by Serge Bagdassarian
Saison 2017-2018
Du 21 February au 11 March
Durée 1:15
Lieu Studio-Théâtre
L'Interlope (cabaret)
Interlope, nom masculin dont les définitions, du « navire marchand trafiquant en fraude » à « l’apparence louche, suspecte » disent la clandestinité, le secret, la transgression.

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  • Ceux d’une subculture homosexuelle qui, dans le Paris de l’entre-deux-guerres, s’exprime notamment sur la scène de bals et de cabarets. Dans L’Interlope, découvert à l’automne 2016, Serge Bagdassarian ne se contente pas de recréer un cabaret d’époque : il nous entraîne derrière le rideau, dans ce lieu intermédiaire que sont les loges, espace de l’intime qui précède la mise à nu, espace de la transformation pour le travesti, lieu de la confidence où s’exprime la noirceur de l’oppression subie à l’extérieur. Trois générations d’hommes et une femme y dévoilent les affres de leur vie quotidienne ; le regard teinté de nostalgie et de crainte des plus anciens se pose avec espoir sur la nouvelle génération. Mais bientôt se révèle l’univers de la revue : plumes, strass et paillettes sonnent l’heure de la féerie et de la fête. Le répertoire de ce cabaret emprunte bien sûr aux chansons emblématiques du genre interlope mais il s’attelle avant tout à réunir des textes et mélodies évoquant, de façon manifeste ou allusive, l’identité sexuelle et l’environnement coercitif dans lequel ces cabarets formaient des îlots de liberté. Loin de la farce grimacière, Serge Bagdassarian peint ici le tableau d’une époque aux couleurs douces-amères.

    À l’origine le « cabaret » désigne un débit de boisson modeste. Il prend le sens qu’on lui connaît aujourd’hui grâce à Rodolphe Salis qui, en 1881, fait du Chat noir à Montmartre un lieu de rencontre des milieux artistiques de son époque et de mélange des classes sociales. Des spectacles composites y font la part belle aux chansonniers et nombre de grands artistes y feront leurs débuts.

    Si le cabaret est aujourd’hui synonyme de spectacle musical, il reste aussi un espace de liberté artistique où toutes les formes se pratiquent.

    La Société du Caveau, goguette parisienne créée en 1729 et tout premier établissement du genre, rassemblait en fait des dramaturges en marge du« circuit officiel » de la Comédie-Française. En effet des auteurs écrivant pour le théâtre de la Foire avaient coutume de s’y abreuver généreusement pour que vienne l’inspiration. Un célèbre tableau de Jacques Autreau a immortalisé l’un de ces fameux déjeuners réunissant les auteurs Panard, Piron et Collé, pour une séance aussi festive que créative.

    La forme de « cabaret » musical a maintenant une longue histoire à la Comédie-Française depuis le premier d’entre eux, Paris-cabaret (1993 et 1995). On découvre alors les talents de chanteurs et de musiciens des comédiens de la Troupe dans le Cabaret des mers (2007), le Cabaret érotique(2008), La Prochaine Fois je vous le chanterai à la Comédie-Française(2010), Chansons des jours avec et chansons des jours sans (2010), Chansons déconseillées (2011), Nos plus belles chansons (2012), Cabaret Boris Vian (2013), Quatre femmes et un piano (2013), Cabaret Brassens (2014), Cabaret Barbara(2014), Cabaret Léo Ferré (2016) et L’Interlope(cabaret) (2016 et 2017).

  • Conception et mise en scène : Serge Bagdassarian
    Musiques originales, direction et arrangements musicaux : Benoît Urbain
    Scénographie et lumières : Éric Dumas
    Costumes : Siegrid Petit-Imbert
    Maquillages et coiffures : Véronique Soulier-Nguyen

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