Patrice
Kerbrat

464e Sociétaire Entre à la Comédie-Française
le 30 November 1972
soc464

Entré à la Comédie-Française en 1973 ; sociétaire en 1977 ; retraité en 1983.

Tandis qu'il prépare un diplôme de Lettres à Nanterre, il fréquente le Cours Simon, puis il entre au Conservatoire dans la classe d'Antoine Vitez, où il remporte un second prix de Comédie en 1973. Entre-temps, il joue Giono, Goethe (rôle de Méphisto dans Faust au Théâtre des Quartiers d'Ivry), Fitzgerald, etc.

Engagé à la Comédie-Française, il est distribué d'abord dans des rôles secondaires (C'est la guerre, Monsieur Grüber de Jacques Sternberg ; Henri IV de Pirandello), joue les confidents de tragédie (Eurybate dans Iphigénie, Flavian dans Horace), l'abbé Désidério dans Les Marrons du feu de Musset, fait la preuve de ses qualités d'émotion dans Parmeno de La Célestine d'après Rojas et dans le rôle difficile de Mesa du Partage de midi de Paul Claudel. Son Pasquin, dans Le jeu de l'amour et du hasard dirigé par Jean-Paul Roussillon, à la fois drôle et touchant, est plein d'humanité.
Parmi les contemporains, il interprète successivement Brecht (Maître Puntila et son valet Matti), Milosz et son poignant Saul de Tarse, Gide (Œdipe), fait une émouvante création du monstre de la pièce d'Eduardo Manet Le jour où Mary Shelley rencontra Charlotte Brontë, au Petit-Odéon. Il crée le personnage central de Dave au bord de mer de René Kalisky, personnage ambigu qu'il joue avec intelligence, tout comme le prince Philippe d'Yvonne, princesse de Bourgogne de Gombrowicz. Il joue Fédotik dans Les Trois Sœurs de Tchekhov et fait une composition cocasse du jeune Duc de La Dame de chez Maxim de Feydeau.
Dans le répertoire classique, après le Philinte du Misanthrope monté sous chapiteau par Jean-Luc Boutté et Catherine Hiegel, il se plaît à composer des silhouettes caricaturales : Monsieur Bonnefoi du Malade imaginaire, Monsieur Loyal de Tartuffe, un Vadius réjouissant de suffisance dans Les Femmes savantes. Mais c'est dans Sganarelle de Dom Juan et Arlequin de La Double Inconstance, personnages à la fois naïfs et réalistes, qu'il peut donner toute la mesure de son humour et de sa sensibilité. Il est aussi, avec tact et intelligence, Lucidor de L’Épreuve de Marivaux. En 1978, il fait l'expérience du théâtre allemand contemporain avec la pièce de Peter Handke, Les gens déraisonnables sont en voie de disparition montée, hors Comédie-Française, par Claude Régy à Nanterre et en tournée. Au festival de Versailles, il joue Néron (Britannicus).

Metteur en scène, après Traces de Jaques Le Marquet, au Petit-Odéon, il monte Andromaque, Salle Richelieu, et Paillasse de Léon Cavallo, à l'Opéra de Paris. Parmi ses derniers rôles à la Comédie-Française, on peut citer Mercure dans Amphitryon de Molière et Rioumine dans Les Estivants de Gorki.

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