Les Précieuses ridicules
Mise en scène Dan Jemmett
Du 14 novembre au 29 décembre
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La Grange comprend aussitôt la source de ce mépris : les « deux pecques provinciales », éblouies par les belles manières des précieuses de la capitale, singent la vogue des ruelles, du romanesque et du bel esprit. L’amant éconduit décide alors de leur jouer un tour à sa façon : il fait appel à son valet Mascarille, « une manière de bel esprit » qui se pique de galanterie et de vers. Se faisant passer pour un marquis, Mascarille est introduit chez les deux jeunes filles qui, séduites par son titre, ses compliments extravagants, ses dentelles et ses rubans, lui font le meilleur accueil. L’arrivée du prétendu vicomte Jodelet, valet de Du Croisy, porte à son comble le ravissement des deux naïves provinciales. Mais la farce tourne court quand La Grange et Du Croisy arrivent pour bastonner leurs laquais. La supercherie est dévoilée, laissant place à l’humiliation, et aux rêves de grandeur brisés.
I.S.Molière, l'auteur
Créées en 1659 au Petit-Bourbon, Les Précieuses ridicules font partie des « petites comédies » de Molière, destinées à accompagner, en « baisser de rideau » la représentation d’une tragédie, en l’occurrence Cinna de Corneille. À l’époque, Molière a trente-sept ans et joue le rôle de Mascarille. Les Précieuses ridicules lui apportent enfin le succès, et marquent véritablement ses débuts d’auteur. Au-delà de la farce et de ses traditionnels déguisements, pitreries et coups de bâton, cette comédie est une charge satirique contre la mode en vogue au XVIIe siècle, l’esprit précieux qui, porté à l’outrance, devient affectation et jargon ridicule. C’est également, annonçant le cycle de L’École des maris, L’École des femmes et Les Femmes savantes, un plaidoyer en faveur de l’émancipation des femmes à l’encontre de la morale répressive qu’on veut leur imposer.Dan Jemmett, le metteur en scène
Pour sa première collaboration à la Comédie-Française, le metteur en scène britannique Dan Jemmett a souhaité retrouver la jubilation du théâtre de tréteaux. Les scènes du poème chanté ou du bal sont autant d’invites à des improvisations virtuoses. De même, en ramenant le nombre des comédiens de neuf à six, Dan Jemmett double le ressort comique du déguisement : les nobles jouent les valets qui jouent aux nobles, accentuant l’illusion, le désordre des classes et la déraison du monde. Enfin le piquant de la satire est modernisé en s’inspirant du monde de la mode, forme moderne du snobisme, de la mondanité et de l’apparence…
I.S.Le mardi à 19h, du mercredi au samedi à 20h, et le dimanche à 16h.
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Scénographie : Denis Tisseraud
Assisté de : Camille Lacombe
Costumes : Sylvie Martin Hyszka
Lumières : Arnaud Jung