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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

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Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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La Locandiera

de Carlo Goldoni
Mise en scène Alain Françon
Saison 2018-2019
Du 27 octobre au 10 février
Durée Environ 2h
Lieu Salle Richelieu
La Locandiera
« Je n’ai peint nulle part ailleurs une femme plus séduisante, plus dangereuse que celle-ci ». Avec Mirandolina, Carlo Goldoni crée l’un des premiers rôles-titres féminins dans l’histoire de la Comédie Italienne : une femme d’esprit au charme naturel redoutable.

Découvrir la pièce

  • « Je n’ai peint nulle part ailleurs une femme plus séduisante, plus dangereuse que celle-ci », prévient Goldoni dans sa préface à La Locandiera. Avec Mirandolina, il crée l’un des premiers rôles-titres féminins dans l’histoire de la Comédie Italienne, relevant de surcroît de l’emploi des servantes. Assurément, cette femme d’esprit a un charme naturel redoutable auquel succombent les voyageurs qui séjournent dans son auberge, notamment un comte et un marquis. Mais leur concurrence est bientôt perturbée par la présence d’un chevalier dont la misogynie et les manières sauvages agacent la jeune femme et aiguisent sa sensibilité : elle n’aura d’autre rêve que de conquérir son cœur et d’assouvir ainsi son propre désir de vengeance. « Sirène enchanteresse » au caractère frivole, héroïne d’une pièce féministe a-t-on pu dire, la Locandiera outrepasse toutefois ces catégories. Entre l’incarnation du verbe avoir (le Comte, qui a acheté son titre) et celle du verbe être (le Chevalier), Mirandolina affirme le concept de liberté, la réussite par le travail : elle incarne le verbe faire, comme l’explique Myriam Tanant qui signait ici sa dernière traduction.
    Dans le prolongement d’un compagnonnage initié en 1986 avec la Troupe qu’il met ici en scène pour la neuvième fois, Alain Françon révèle la grâce incomparable de cette œuvre qui tient à la fois de la complexité des sentiments, des classes sociales et des genres.

    NOUVELLE PRODUCTION

    Avec le mécénat d’August Debouzy

    LA LOCANDIERA, créée à Venise en janvier 1753 au Théâtre Saint-Ange, est interprétée par la soubrette de la troupe, Maddalena Marliani, considérée comme la meilleure actrice italienne de son temps. Le public parisien découvre la pièce à la Comédie-Italienne en 1764, mais dans une version très différente, élaborée par Goldoni lui-même, sous le titre Camille aubergiste. À la fin du XIXe siècle, la Duse et la Ristori, interprètes italiennes majeures, reprennent toutes deux le rôle et le jouent en tournée à l’étranger. Catulle-Mendès, témoin de la première « étourdissante de gaité », déplore une dramaturgie qui ne soutient pas la comparaison avec Molière. En France, il faut attendre 1912 pour la voir mise en scène, par André Antoine à l’Odéon, dans une adaptation de Julie Darsenne, utilisée également par Jacques Copeau, en 1923, au Théâtre du Vieux-Colombier. La mise en scène de Copeau est un hommage à la Duse, qui voulait que Goldoni soit interprété avec « brio, brio, brio ». La tradition de volubilité a encore de beaux jours devant elle.

    En 1952, Luchino Visconti met la pièce en scène à la Fenice de Venise. Cette version, très discutée, prend l’exact contrepied de la tradition d’interprétation encore marquée par les codes de la commedia dell’arte : jeu lent, sobriété de la gestuelle, voix dépourvues de la musicalité habituelle que l’on prête à Goldoni, costumes silhouettés dépourvus d’ornements superflus, rigueur des décors conçus par Visconti et Piero Tosi, inspirés par l’œuvre du peintre Giorgio Morandi dont l’influence est également perceptible dans l’éclairage. Le spectacle peut être vu du public parisien, en 1956, dans le cadre du Théâtre des Nations.

    La lecture de Goldoni se trouve bouleversée par cette interprétation : les aspects sociaux, psychologiques sont privilégiés aux dépens de l’image pittoresque traditionnelle. On parle d’une mise en scène « matérialiste », voire « marxiste ». Les critiques françaises sont assez virulentes. On reproche à Visconti d’avoir adopté un réalisme excessif et renoncé à une certaine « italianité ».

    Alors que la France découvre les mises en scène de Strehler dans les années 1970 – notamment avec La Trilogie de la villégiature jouée par les Comédiens-Français à l’Odéon, en 1978 –, la critique oppose souvent les deux maîtres, Strehler offrant une lecture moins radicale respectant un certain équilibre entre « jeu » et « réalité ».

    Jacques Lassalle monte La Locandiera à la Comédie-Française, en 1981, conciliant les deux traditions.

    Alain Françon quant à lui se situe dans le sillage de Visconti et reprend à son compte une interprétation sociale et un portrait de femme, qui a conscience de sa juste place au sein d’une société hiérarchisée et cloisonnée, finalement assez proche de la nôtre.

    • Visuel : La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni, adaptation et mise en scène de Giorgio Strehler, 1978 – photo. Claude Angelini, coll. CF
  • Mise en scène : Alain Françon
    Traduction : Myriam Tanant
    Scénographie : Jacques Gabel
    Costumes : Renato Bianchi
    Lumières : Joël Hourbeigt
    Musique originale : Marie-Jeanne Séréro
    Son : Léonard Françon
    Dramaturgie et assistanat à la mise en scène : David Tuaillon

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