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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

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Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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Électre / Oreste

d'Euripide
Version scénique et mise en scène Ivo van Hove
Saison 2019-2020
Du 25 octobre au 16 février
Durée 2h sans entracte
Lieu Salle Richelieu
Électre / Oreste
Attention : certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des spectateurs. La radicalisation menant inéluctablement à la violence aveugle ne cesse d’interpeller Ivo van Hove qui signe, avec Électre / Oreste, une adaptation aiguë des deux pièces d’Euripide et rappelle combien les ressorts de la tragédie antique sonnent à nos oreilles contemporaines.

Découvrir la pièce

  • La saison dernière, Ivo van Hove revenait à la Comédie-Française avec une nouvelle grande fresque relatant un épisode entier, le dernier, de la famille des Atrides et marquait l’entrée au Répertoire d’Électre et Oreste d’Euripide. Précisant que tous ses projets naissent d’un « coup de foudre » pour un texte, il associe les deux pièces et narre, dans sa continuité, l’histoire de ce frère et cette sœur qui s’unissent dans la vengeance qu’ils fomentent contre leur mère et son amant. Père d’Électre et d’Oreste, Agamemnon, roi d’Argos, est assassiné par sa femme Clytemnestre et son amant Égisthe. Les deux enfants sont bannis, Oreste envoyé en exil quand Électre est contrainte d’épouser un paysan et vit dans le dénuement aux portes de la ville. Quinze ans plus tard Égisthe, qui règne désormais à Argos, lance un appel au meurtre d’Oreste. C’est ici que débute l’histoire d’Électre / Oreste lorsque ce dernier, obéissant à un oracle d’Apollon, décide de regagner ses terres pour retrouver sa sœur et venger avec elle la mort de leur père.

    Réputé pour son habileté à « déplier » les textes en scène, le directeur de l’Internationaal Theater Amsterdam ne cesse de renouveler son esthétique et sa relation aux acteurs. Lui qui revendique ne pas avoir de méthode puise dans l’antique pour célébrer le théâtre comme événement social et se saisit du mythe avec un sens aigu de sa modernité. Ainsi lit-il dans les destins meurtriers du frère et de la sœur les ressorts de tout processus de radicalisation qu’il décryptait déjà dans Les Damnés de Visconti : « ce qui me bouleverse, et qui est commun aux deux histoires, c’est de voir ces jeunes gens – Martin et Gunther dans Les Damnés, Électre, Oreste et Pylade dans Électre / Oreste – basculer dans la violence la plus extrême pour des raisons touchant à l’intime, loin de toute idéologie. Cette histoire est comme un incendie irrationnel. »

    Traduction française parue aux Éditions Gallimard dans la collection Folio théâtre

    • Spectacle créé le 27 avril 2019 Salle Richelieu en partenariat avec le Festival d’Athènes et d’Épidaure et présenté au Théâtre antique d’Épidaure les 26 et 27 juillet 2019
    • Traduction française parue aux Éditions Gallimard dans la collection « Folio théâtre »

    ENTRE LA COMÉDIE-FRANÇAISE et le théâtre grec, ce ne peut être qu’une longue histoire… En perpétuel renouvellement, elle oscille entre emprunts et émancipation. Euripide, le plus tragique des poètes grecs selon Aristote, inspire en 1681 deux pièces jouées sur la scène du Français, soit un an après la fondation de celui-ci : Oreste (de Le Clerc et Boyer d’après Iphigénie en Aulide) et Hercule (de La Tuilerie, d’après Hercule furieux). Même s’il demeure le poète grec le plus joué – loin devant ses compatriotes Eschyle, Aristophane et Sophocle face auxquels le théâtre latin fait d’ailleurs figure de parent pauvre –, Euripide l’est d’abord par ses adaptateurs, le plus fameux étant Racine. Au XIXe siècle, l’attention accordée à l’œuvre originale, visible dans des costumes et décors à l’antique, s’inscrit dans le goût renouvelé pour l’Antiquité gréco-romaine déjà fantasmée pendant la Renaissance. À l’approche du XXe siècle, les traductions deviennent plus fidèles à leur modèle.

    > Tu ne pourrais pas citer une seule Pénélope parmi les femmes d’aujourd’hui : toutes des Phèdre ! archi toutes !
    Mnésiloque dans Les Thesmophories d’Aristophane, trad. V.-H. Debidour

    Au fil des siècles, les héros du théâtre grec, dont Jacqueline de Romilly vante la modernité, ont donc offert aux comédiens des rôles de premier choix. Quant à l’histoire grecque et ses célèbres épisodes comme les origines et les conséquences de la Guerre de Troie, elle nourrit, par le truchement de Racine, l’imaginaire des dramaturges jusqu’au XXe siècle ainsi que le répertoire de la Comédie-Française qui s’enrichit de La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux (mise en scène Raymond Gérôme, 1988), Penthésilée de Kleist (mise en scène Jean Liermier, 2008), Troïlus et Cressida de Shakespeare (mise en scène Jean-Yves Ruf, 2013)…

    Comment mettre en scène aujourd’hui le théâtre antique ? Tandis que les mystères des Bacchantes (Euripide, mise en scène André Wilms 2005) se déroulent parmi des fragments de piliers polychromes, la cité des Oiseaux (Aristophane, mise en scène Alfredo Arias, 2010) est transposée dans un lieu reconnaissable par les spectateurs de la Comédie-Française : la place Colette. Quant au nouvel Héraclès (La Folie d’Héraclès, Euripide, mise en scène Christophe Perton, 2010), il apparaît sous les traits d’un trader. Par son caractère, ambivalent, tout à la fois archaïque et moderne, le théâtre grec promet d’offrir encore longtemps, aux metteurs en scène et au public, matière à réflexion et à innovation.

    • Visuel : Électre d'Alfred Poizat, d'après Sophocle, 1907 – photo. Boyer, coll. CF
  • Traduction : Marie Delcourt-Curvers
    Version scénique : Bart Van den Eynde et Ivo van Hove
    Mise en scène : Ivo van Hove
    Scénographie et lumières : Jan Versweyveld
    Costumes : An D’Huys
    Musique originale et concept sonore : Eric Sleichim
    Travail chorégraphique : Wim Vandekeybus
    Dramaturgie : Bart Van den Eynde
    Assistanat à la mise en scène : Laurent Delvert
    Assistanat à la scénographie : Roel Van Berckelaer
    Assistanat aux costumes : Sylvie Lombart
    Assistanat aux lumières : François Thouret
    Assistanat au son : Pierre Routin
    Assistanat au travail chorégraphique : Laura Aris

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