Singulis / Ex-traits de femmes
Du 8 juin au 29 juin
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Dans ces Ex-traits de femmes, j’aimerais donner l’impression qu’elles ne sont qu’une seule et même personne à différents moments de sa vie, ou bien qu’elles sont sœurs tant elles ont cet air de famille qui les font se reconnaître entre elles et que perçoit le monde dans leurs expressions communes.
Un seul et même texte aussi, en imaginant que la plume de Molière n’a pas quitté sa main, guidée par son inspiration, pour déposer ces portraits dans un seul et même tableau.
Le dessin, animé, accompagnera le jeu, pour dire l’inconscient, l’indicible, pour faire apparaître les fantômes. Le trait, pour relier entre elles toutes ces personnes qui trahissent, mentent, questionnent sondent, se livrent, en un mot, qui aiment.
Une vie en une heure, une heure de vie.»
Nouvelle production
Enfermées, soumises à l’autorité d’un père, d’un mari…, les figures féminines du répertoire moliéresque ne sont pas pour autant des personnages fantoches. Seules, ou plus souvent unies, elles déjouent les projets du maître de maison, usent des stratagèmes les plus fous et n’hésitent pas à se mettre elles-mêmes en scène pour parvenir à leurs fins.
Entouré de femmes cultivées et indépendantes, Molière ne pouvait rester insensible à la condition féminine, qu’il met au centre de plusieurs de ses grandes comédies. Le dramaturge reprend des thèmes discutés dans les salons de son temps, notamment l’éducation des femmes, mais aussi les questions du désir, de la jalousie, ou encore du cocuage.
Molière peint ainsi des femmes de tout âge, de tout statut : des bourgeoises, des servantes, des pédantes, des amoureuses, des lettrées… Mais pas, ou peu, de mères, excepté l’acariâtre Mme Pernelle du Tartuffe, la cupide Béline du Malade imaginaire et la perspicace Mme Jourdain du Bourgeois gentilhomme. Cette absence laisse les jeunes filles totalement livrées au pouvoir du père et interroge sur la sororité de ces douces figures que sont Agnès (L’École des femmes), Mariane (Le Tartuffe), Lucile (Le Bourgeois gentilhomme), ou encore Angélique (Le Malade imaginaire). Ces dernières tentent, avec la complicité de leurs servantes, d’échapper à un mariage forcé. Des servantes que Molière, dans la tradition des servantes de farce, peint « un peu trop forte en gueule[s], et fort impertinente[s] ». Quatre soubrettes dominent son théâtre : Martine (Le Médecin malgré lui), Toinette (Le Malade imaginaire), Nicole (Le Bourgeois gentilhomme) toutes en provocation, et Dorine (Le Tartuffe), qui s’oppose plus frontalement encore au maître de maison.
Il est aussi de ces femmes qui aspirent au désir et à l’indépendance : Elvire, amoureuse bafouée par Don Juan, Agnès de L’École des femmes qui puise en elle les ressources de son émancipation, ou encore Célimène du Misanthrope pour qui le veuvage est un puissant allié dans la recherche de liberté.
Dans Les Femmes savantes, dernière grande pièce de Molière consacrée aux femmes, le schéma patriarcal et l’équilibre familial sont mis à mal. Si Philaminte et sa fille ainée, Armande, cultivent leurs savoirs, Henriette, la cadette, ne saurait renoncer pour autant aux joies du mariage. Mais un fil les relie, peut-être, celui de l’amour sincère auquel toutes rêvent encore en secret… -
Conception, interprétation et animation graphique : Anne Kessler
Lumières : Éric Dumas
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Télécharger le PDF (4.75 Mo)Programme Seule-en-scène Singulis Ex-traits de femmes 2022
Seule-en-scène Singulis « Ex-traits de femmes » d’après Molière. Conception, interprétation et animation graphique Anne Kessler. Studio-Théâtre 2022