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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

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Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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Le Côté de Guermantes

d'après Marcel Proust
Adaptation et mise en scène Christophe Honoré
Saison 2022-2023
Du 25 février au 14 mai
Durée 2h30 environ sans entracte
Lieu Salle Richelieu
Le Côté de Guermantes
En septembre 2020, Christophe Honoré portait à la scène le troisième tome des sept qui constituent « À la recherche du temps perdu », dont Proust débuta l’écriture en 1913.

Découvrir la pièce

  • Sa première collaboration avec la troupe de la Comédie-Française voyait enfin le jour dans le contexte pandémique qui l’avait retardée et après qu’il eut tiré un film, Guermantes, de cette création en suspens.

    Christophe Honoré sait combien la littérature résiste aux tentatives d’adaptation illustratives, mais aussi comme elle s’anime lorsqu’on la déploie dans le temps présent : « Je ne vous propose pas une adaptation mais une séance de nécromancie, il me semble que le théâtre est un lieu où l’on peut sérieusement faire tourner les tables. Invoquer et évoquer n’est pas adapter, c’est lire à plusieurs, c’est déchiffrer, c’est se savoir vivant ignorant parmi les morts savants. C’est franchir le pont et croire que des fantômes vont venir à notre rencontre. »

    Ainsi retrace-t-il, sur le palier d’un grand hall haussmannien où deux entrées se font face, ce moment de la Recherche où Marcel, le Narrateur, emménage avec sa famille à Paris, dans un appartement de l’hôtel de Guermantes dont il rêve de fréquenter le salon. Déjà à Combray, il avait pu admirer la Duchesse Oriane en portrait, figure qui cristallise sa fascination. À l’heure du deuil de l’enfance et des illusions amoureuses, ce livre est aussi un récit rare sur les liens d’amitié que le Narrateur noue avec le dreyfusard Saint-Loup. Christophe Honoré relève la sensation d’y retrouver quelque chose d’« absolument proche » de nos vies, un bouleversement de lecteur, toujours pressant, dont il fait le point de fuite de son projet théâtral.

    Spectacle créé le 30 septembre 2020 au Théâtre Marigny

    Nombre d’auteurs de théâtre se sont inspirés d’œuvres antérieures, le plus souvent dramatiques. Ils s’emparent plus rarement de romans, l’adaptation posant de multiples questions d’ordre littéraire – comment transposer la narrativité propre au genre ? – ou scénique – comment faire exister la multiplicité des lieux d’un roman sur une scène de théâtre ? De l’appropriation à la transposition fidèle, les adaptations de romans à la scène nous offrent un reflet de l’histoire littéraire.

    Au XVIIIe siècle comme au XIXe siècle, certains romanciers étrangers sont pillés par les dramaturges. Les romans à succès édifiants de l’Anglais Samuel Richardson sont par exemple transposés à la scène sous le nom d’autres auteurs.
    Le phénomène prend une ampleur inédite au XIXe siècle, où les romantiques recyclent eux-mêmes leurs grands succès romanesques et leur donnent une seconde vie sur scène. Alexandre Dumas s’en fait une spécialité, mais la Comédie-Française, théâtre de répertoire, s’intéresse davantage aux textes dramatiques originaux qu’aux adaptations, fussent-elles de l’auteur. Le théâtre est alors plus rémunérateur que les ventes en librairie, ce qui pousse certains dans cette veine – comme Balzac, éternel endetté.

    À partir du XXe siècle, les adaptations d’œuvres romanesques sont plus régulières, réalisées soit par les auteurs eux-mêmes, soit par d’autres plumes. De la même manière qu’on fait entrer au Répertoire les œuvres dramatiques étrangères traduites, le grand répertoire romanesque se fait une place à la Salle Richelieu, majoritairement après la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de représenter les fresques qui constituent un patrimoine littéraire mondial universellement reconnu. On peut parler d’une véritable mode dont tous les théâtres se saisissent. Les auteurs les plus souvent adaptés sont Dostoïevski, Hugo, Tolstoï, Dickens et Zweig. À la Comédie-Française, on peut citer : Les Misérables adaptés par Paul Achard (1957), Crime et châtiment de Dostoïevski (1963) et L’Idiot de Dostoïevski (joué en 1975 au Théâtre Marigny), adaptés par Gabriel Arout, L’Éternel Mari de Dostoïevski adapté par Victor Haïm (joué en 1987 à l’Odéon).
    Certaines pièces procèdent d’un empilement de strates d’écritures, ainsi la Vie du Grand Don Quichotte et du Gros Sacho Pança par Antonio José da Sylva, qui propose une réécriture baroque du mythe de Cervantes (joué en 2008 à la Salle Richelieu), ou encore Les Cenci d’Antonin Artaud (montés à l’Odéon en 1981), qui s’inspire à la fois d’une pièce de Percy Shelley (1819), d’une nouvelle de Stendhal (1837), toutes deux inspirées de la_Chronique italienne_ de Ludovico Antonio Muratori (1749).
    Plus récemment, ce sont les metteurs en scène qui choisissent d’adapter eux-mêmes les romans qu’ils montent, dans la perspective d’une homogénéité et d’une cohérence complètes entre le travail du texte et celui qui se déroule au plateau. Oblomov de Gontcharov a ainsi été adapté et mis en scène par Volodia Serre en 2013. Pour Fanny et Alexandre, Julie Deliquet (2019) s’est appuyée sur le roman, le scenario et la série créés par Bergman pour proposer une écriture de plateau finalisée en répétition.

    Si force est de constater que les romans adaptés à la scène sont le plus souvent choisis pour la richesse de leurs péripéties narratives, le projet de Christophe Honoré d’adapter un roman de Marcel Proust est d’autant plus original qu’il laisse toute sa place à l’introspection.

    • Crime et châtiment, 1963, Hirsch, Camoin, Eine, Samie, Deiber - photo. Jacques Pourchot © Coll. Comédie-Française
  • Adaptation et mise en scène : Christophe Honoré
    Scénographie : Alban Ho Van et Ariane Bromberger
    Costumes : Pascaline Chavanne
    Lumière : Dominique Bruguière
    Son : Pierre Routin
    Travail chorégraphique : Marlène Saldana
    Maquillages : Vesna Peborde
    Assistanat à la mise en scène : Aurélien Gschwind et Sébastien Lévy
    Assistanat aux costumes : Claire Fayel
    Assistanat à la lumière : Nicolas Faucheux et Pierre Gaillardot

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