Les Créanciers
Mise en scène Anne Kessler
Du 20 juin au 8 juillet
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C’est ainsi qu’Adolphe se confie dès la première scène à un inconnu, qui n’est autre que le premier mari de son épouse. Loin du simple drame conjugal, le trio de cette pièce écrite juste après Mademoiselle Julie se noue autour de l’amour absolu. Les protagonistes y sont, jusque dans le délire, d’une intelligence et d’une lucidité redoutables. Femme volage, Tekla est une écrivaine à la mode à qui Adolphe a tout donné, il l’a portée aux nues au détriment de sa propre carrière de peintre. Mais il est aujourd'hui l’heure de rendre des comptes : le premier mari frappe à la porte du présent pour se venger de son successeur qui lui a volé sa légitimité et pour réclamer son dû à celle qu’il a toujours adulée.
Anne Kessler connaît bien l’œuvre de l’auteur suédois qu’elle a notamment déjà abordée en tant que metteure en scène dans Grief(s) et interprétée récemment avec Père. Directrice d’acteurs lumineuse, elle relève le trait percutant avec lequel se déploie ce drame à l’intrigue policière proche de l’univers de Pinter. Dans cette traque amoureuse, les protagonistes ont pour arme les mots et laissent au champ de bataille le tréfonds de leurs âmes.Certes, August Strindberg n’est joué à la Comédie-Française qu’à partir de 1970 soit cinquante ans après Ibsen mais avec Le Songe, c’est l’une de ses pièces les plus originales qui entre au Répertoire. Initialement elle devait être montée par Ingmar Bergman, réalisateur fréquemment mêlé au trio qu’il forme, dans l’imaginaire théâtral, avec Ibsen et Strindberg. Mais la langue française constituant un obstacle pour Bergman, la mise en scène est finalement confiée à Raymond Rouleau. Dès lors, tous les dix ans environ, Strindberg, époux malheureux, vient mettre à mal l’apaisement des âmes et le rêve de bonheur conjugal de son public. Danse de mort (1996) ne laisse, dans son titre, aucune illusion quant au dénouement fatal de la tragédie. Chez les autres couples de Père (1991 et 2015) et des Créanciers (1980 et 2018), la « lutte des cerveaux » suit le même et implacable déroulement d’un combat complexe, jusqu’au meurtre psychique entre persécuteurs et persécutés, ou créanciers et débiteurs. Si le couple exacerbe la cruauté, il n’en est pas le champ de bataille exclusif. _La Sonate des spectre_s (1975) révèle la noirceur des personnages et, dans La Plus Forte, la rivalité féminine s’avère redoutable. Cette courte pièce fut mise en scène par Anne Kessler en 2006 qui,dans Grief(s), l’associa à Maison de poupée (Ibsen) et aux Meilleures Intentions (Bergman).
> Pour ma part, je trouve la joie de vivre dans les luttes fortes et cruelles de la vie, et ma jouissance consiste à en apprendre quelque chose.
Les affinités de Strindberg avec Ibsen sont nombreuses, notamment par la dramaturgie du drame familial et de la conjugalité, voire d’une violente guerre des sexes dominée par l’insurrection féminine et par l’affrontement dramatique oscillant entre amour et haine.
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Mise en scène : Anne Kessler
Adaptation : Guy Zilberstein
Traduction : Alain Zilberstein
Scénographie : Gilles Taschet
Costumes : Bernadette Villard
Lumières : Éric Dumas
Son : mme miniature
Documents
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Télécharger le PDF (1.63 Mo)Programme Les Créanciers 17/18
Programme des Créanciers, d'August Strindberg. Mise en scène de Anne Kessler, Studio Théâtre (saison 2017/2018). -
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Les sombres brumes nordiques à la Comédie-Française