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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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Singulis / (HAMLET, à part)

Shakespeare et autres...
Conception et interprétation Loïc Corbery
Saison 2018-2019
Du 6 février au 24 février
Durée 1h30
Lieu Studio-Théâtre
Singulis / (HAMLET, à part)
Hamlet est seul. Seul avec ce secret, avec son deuil et ses fantômes. Loïc Corbery confronte la solitude d’un personnage à celle de l’acteur qui tente de l’incarner. Seul avec Hamlet, devant les spectateurs.

Découvrir la pièce

  • C’est une didascalie. Une des nombreuses dans la pièce qui mentionnent à leur façon la solitude que Shakespeare impose à Hamlet. Le chemin naturel que Loïc Corbery emprunte pour ce seul-en-scène. Parce que la nuit, sur les remparts du château d’Elseneur, le spectre de son père lui apprend qu’il a été assassiné par son propre frère Claudius, Hamlet cherchera à révéler le meurtre perpétré par cet oncle qu’il abhorre depuis qu’il a épousé sa mère et usurpé le trône. « Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte ? »
    Hamlet est seul. Seul avec ce secret, avec son deuil, seul avec ses fantômes. Loïc Corbery prend au mot le jeu du Singulis et confronte la solitude d’un personnage à celle de l’acteur qui tente de l’incarner. Seul avec Hamlet, devant les spectateurs. Dans cette traversée commune, il explore, au-delà du mythe et de l’histoire, un pan de poésie pure – faite de doutes et de révolte, de violence et de mystère. En quête de son identité, comme toutes les grandes figures du répertoire, dans sa tragique histoire, Hamlet ne parle que de théâtre. Il le définit comme matrice de la vérité. La scène comme seul endroit où on dit vraiment, où on est vraiment. Et Shakespeare y inscrit certains de ses plus beaux monologues, où le rationnel combat corps-à-corps avec le surnaturel. (Hamlet seul) ; (Tous sortent sauf Hamlet) ; (Hamlet lisant) ; (Hamlet, à part)... Attendre Hamlet, l’entendre et, à partir de lui, tisser un imaginaire de personnages et de poètes, pour se raconter un peu.

    NOUVELLE PRODUCTION

    LA PRATIQUE THÉÂTRALE DU SOLO est relativement récente à la Comédie-Française. Depuis le XVIIe siècle, l’institution se définit d’abord en tant que troupe de comédiens dont la dimension collective prime sur l’expression des individualités. Samuel Chappuzeau dans son Théâtre François le souligne dès 1674, comparant les troupes théâtrales à des « corps » politiques, comme autant de petites « Républiques ». Des comédiens, il dit qu’« ils n’admettent point de supérieur, le nom seul les blesse ; ils veulent tous être égaux, et se nomment camarades. » La devise de la Comédie-Française, Simul et Singulis (être ensemble et être soi-même), qui apparaît en 1682, assortie de l’emblème à la ruche bourdonnante, caractérise cette philosophie où chacun contribue par son talent propre à l’œuvre collective.

    Point de solo… mais des solistes

    Si la pratique du spectacle seul-en-scène n’est pas de mise, le « solo » que constitue le monologue est fort attendu du public et, parfois, mis en scène pour faire apparaître le protagoniste dans toute sa splendeur et en contraste avec le reste de la Troupe. Il s’agit là d’un effet du système de vedettariat qui émerge nettement au XIXe siècle.
    Les pratiques solistes se développent le plus souvent en dehors de l’activité du théâtre. Les comédiens, dans des tournées personnelles programmées parfois sans égard pour les intérêts de la Comédie-Française – Talma, Rachel... ont pu partir en laissant leurs camarades en difficulté – emmènent leurs malles de costumes, mais recrutent sur place comparses et décors de fortune pour jouer les grandes scènes de leur répertoire. La représentation s’apparente alors à un récital de morceaux choisis, propre à mettre en valeur l’acteur dont le talent est d’autant mieux affirmé qu’il évolue aux côtés de comédiens de seconde zone, si ce n’est d’amateurs.
    Le texte monologué se développe véritablement à la fin du XIXe siècle, grâce aux frères Coquelin mais reste aujourd’hui encore une exception. La devise, Simul et Singulis, résume à elle seule l’indispensable paradoxe pour un acteur de Troupe.

    • Visuel : ruche, gravure Guillaumot fils
  • Conception et interprétation : Loïc Corbery

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