EN TOURNÉE / SINGULIS — L'Événement
Conception et interprétation Françoise Gillard
Du 20 février au 26 mars
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Trois mois durant lesquels sa résolution se heurte aux préjugés, à la morale et à la violence d’un monde façonné par la domination masculine. Face à une « faiseuse d’anges », elle décrit comment elle s’est sentie naître en tant que femme. La nécessité de son récit ne vient effacer qu’une seule culpabilité : celle que cet « événement » lui soit arrivé et qu’elle n’ait pas pu, pendant si longtemps, l’inscrire dans un geste d’écriture, afin de le partager.
« Il est peu d’auteurs qui, du réel, n’aient pas une vision enchantée, travestie, séparée. Peu d’auteurs qui savent enserrer en quelques mots le fait matériel sans l’idéaliser quelque peu. C'est une affaire de style. Annie Ernaux écrit ainsi : elle sait rendre compte du réel sans majuscule » dit Denis Podalydès qui met en scène Françoise Gillard dans ce texte dont la comédienne relève l’importance si malheureusement contemporaine. « Le silence qui entoure encore les femmes qui font ce choix de l'avortement n'a jamais été aussi bruyant. J'espère qu'à travers la langue si personnelle et intime d’Annie Ernaux, je pourrai faire entendre cette petite voix, ce cri : "Plus jamais ça ! " »
EN TOURNÉE EN FRANCE
20 FÉVR 24
Saint-Malo – Théâtre Chateaubriand
Réservations7 MARS 24
Trappes –Auditorium du Conservatoire de musique et de danse
Réservations12 MARS 24
Bastia — Fabrique de Théâtre
Réservations26 MARS 24
Villeneuve d'Ascq — Kino, campus Pont-de-Bois
en partenariat avec l'Université de LilleLA PRATIQUE THÉÂTRALE DU SOLO est relativement récente à la Comédie-Française. Depuis le XVIIe siècle, l’institution se définit d’abord en tant que troupe de comédiens dont la dimension collective prime sur l’expression des individualités. Samuel Chappuzeau dans son Théâtre François le souligne dès 1674, comparant les troupes théâtrales à des « corps » politiques, comme autant de petites « Républiques ». Des comédiens, il dit qu’« ils n’admettent point de supérieur, le nom seul les blesse ; ils veulent tous être égaux, et se nomment camarades. » La devise de la Comédie-Française, Simul et Singulis (être ensemble et être soi-même), qui apparaît en 1682, assortie de l’emblème à la ruche bourdonnante, caractérise cette philosophie où chacun contribue par son talent propre à l’œuvre collective.
Point de solo… mais des solistes
Si la pratique du spectacle seul-en-scène n’est pas de mise, le « solo » que constitue le monologue est fort attendu du public et, parfois, mis en scène pour faire apparaître le protagoniste dans toute sa splendeur et en contraste avec le reste de la Troupe. Il s’agit là d’un effet du système de vedettariat qui émerge nettement au XIXe siècle.
Les pratiques solistes se développent le plus souvent en dehors de l’activité du théâtre. Les comédiens, dans des tournées personnelles programmées parfois sans égard pour les intérêts de la Comédie-Française – Talma, Rachel... ont pu partir en laissant leurs camarades en difficulté – emmènent leurs malles de costumes, mais recrutent sur place comparses et décors de fortune pour jouer les grandes scènes de leur répertoire. La représentation s’apparente alors à un récital de morceaux choisis, propre à mettre en valeur l’acteur dont le talent est d’autant mieux affirmé qu’il évolue aux côtés de comédiens de seconde zone, si ce n’est d’amateurs.
Le texte monologué se développe véritablement à la fin du XIXe siècle, grâce aux frères Coquelin mais reste aujourd’hui encore une exception. La devise, Simul et Singulis, résume à elle seule l’indispensable paradoxe pour un acteur de Troupe.- Visuel : ruche, gravure Guillaumot fils
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Conception et interprétation : Françoise Gillard
Lumières : Stéphanie Daniel
Costumes : Bernadette Villard
Collaboration artistique : Denis Podalydès
Assistanat à la mise en scène : Amélie Wendling