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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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Le Suicidé

d'après Nicolaï Erdman
mise en scène Stéphane Varupenne
Saison 2024-2025
Du 11 octobre au 2 février
Durée 2h15
Lieu Salle Richelieu
Le Suicidé
Attention: comédie ! Comme son nom ne l’indique pas, « Le Suicidé » est un petit bijou burlesque alliant mécanique de boulevard et dialogues philosophiques, le tout sur fond de problématiques sociales et politiques, ou comment partir d’une imposture pour révéler les postures tragiques d’une société.

Découvrir la pièce

  • C’est l’histoire d’un tir-au-flanc, chômeur désespéré, qui vit aux crochets de sa femme et de sa belle-mère dans un kommunalka d’Union soviétique.
    Suite à une dispute provoquée par une subite envie nocturne de saucisson, Sémione se rend dans la cuisine pour se rassasier, mais sa femme, croyant qu’il va commettre l’irréparable, demande de l’aide à un voisin. Dans l’obscurité, il va prendre le saucisson pour un pistolet. La rumeur sur ce possible suicide fantasmé enfle à un tel point qu’elle arrive aux oreilles de plusieurs représentants du corps social, bâillonnés par le pouvoir stalinien. Tous voient alors dans ce martyr providentiel l’opportunité de faire entendre leurs voix, puisque « seuls les morts peuvent dire tout haut ce que les vivants pensent tout bas ». Avec une bonne dose de cynisme, ils vont alors tenter de convaincre Sémione de se suicider pour leurs causes respectives.
    Stéphane Varupenne signe ici sa première mise en scène en solo, après Les Serge (Gainsbourg point barre) et Les Précieuses ridicules qu’il avait créés avec Sébastien Pouderoux. Il situe l’action à l’époque d’écriture, en 1928, c’est-à-dire après la révolution de 1917 et avant les grandes purges de 1936. Entre montée de l’autoritarisme, avènement de la censure et propagande à outrance, il laissera évidemment le soin au public d’aujourd’hui de faire le lien avec notre temps…
    Du Suicidé, c’est une joie immense, une puissance de vie que le metteur en scène entend communiquer au plateau : « ce rire jaune, ce rire nerveux, ce rire politesse et rempart au désespoir. »

    NOUVELLE PRODUCTION

    ENTRÉE AU RÉPERTOIRE

    Le texte est publié par les éditions : esse que (parution le 3 octobre 2024).

    Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National

    « Que je devienne un vaudevilliste populaire ? Ouais, la belle perspective ! », écrit Tchekhov à Léontiev en 1888. Non seulement la Comédie-Française a systématiquement programmé plusieurs mises en scène d’une même comédie de Tchekhov ̶ à la différence de ses drames ̶ mais, tous auteurs russes confondus, le nombre de leurs comédies montées au Français est deux fois plus important que leurs drames (Tchekhov, Gogol, Gorki...). Et contre toute attente, ce n’est pas Tchekhov, avec sa comédie L’Ours en 1957 (joué hors Richelieu en 1944), qui précéda ses compatriotes au Répertoire - les Russes figurant d’ailleurs parmi les derniers auteurs étrangers à y mais, en 1947, Tourgueniev, le chantre de la littérature romanesque !

    Si l’on considère l’ensemble des pièces russes jouées à la Comédie-Française dans leur diversité (en excluant cependant les nombreuses lectures d’œuvres du XIXe siècle à aujourd’hui), qu’elles soient inscrites ou non au Répertoire, les drames sont en effet minoritaires. Les cinq mises en scène de Tchekhov (Ivanov en 1984, Les Trois Sœurs en 1979 et 2010, Platonov en 2003) et de Lermontov (Bal masqué en 1992) se disputent la dernière marche avec les adaptations des romans de Dostoïevski (Crime et châtiment en 1963, L’Idiot en 1975, L’Éternel Mari en 1987, Les Démons en 2021) et de Gontcharov (Oblomov en 2013). Viennent ensuite, montées sept fois, les scènes et études dramatiques, qualifiées ainsi par leurs auteurs Gorki (Les Estivants en 1983) et Tchekhov (Le Chant du cygne en 1945, 1952, 2016 ; Oncle Vania en 1961 et 2016 ; Sur la grand route en 2007).

    La présupposée domination, au Français, du genre dramatique empreint de noblesse est impérialement battue en brèche par les douze mises en scène de « comédies » russes. Le canevas de la comédie de mœurs Le Mariage de Kretchinsky de Soukhovo-Kobyline, montée pour la première fois en 1966 par Nicolas Akimov, un directeur de théâtre des pays de l’Est, est assez classique. Le metteur en scène loue l’interprétation équilibriste de Jean-Paul Roussillon, oscillant entre comique et tragique. Cette dualité intrinsèque au théâtre russe trouve son incarnation dans la présence des deux personnages ̶ l’acteur comique et l’acteur tragique ̶ dans La Forêt d’Ostrovski (mise en scène par Piotr Fomenko en 2003), auteur parfois qualifié de Molière russe. Complémentaires, les deux genres peuvent être confondus et sources d’incompréhension. Tchekhov, persuadé d’avoir écrit « le plus petit drame au monde » avec L’Ours assiste, stupéfait, à l’éclosion de son succès avec les rires et applaudissements qui interrompent les monologues. Entre émotion et ironie, La Mouette (mise en scène en 1980 par Krejva Otomar) qu’il qualifie de
    « comédie », échappe à la dramaturgie traditionnelle, avec « beaucoup de discours sur la littérature, peu d’action ». Elle peut être comparée avec Un mois à la campagne de Tourgueniev (mis en scène par Jean Meyer en 1947, puis en 1997 par Andreï Smirnoff), comédie d’intrigue à l’aspect romanesque développant des descriptions de la vie ordinaire. Tandis que Tchekhov, affirmant que sa pièce était comique, reprochait à Stanislavskisa mise en scène trop sérieuse de La Cerisaie (mise en scène par Alain Françon en 1998, puis Clément Hervieu-Léger en 2021), Gogol ne supporta pas devoir Le Révizor (monté par Jean-Louis Benoit en 1999) joué comme une farce. La méprise des intentions de l’auteur, sur la forme mais également sur le fonds puisqu’il condamnait des vices et non des institutions, s’est avérée dévastatrice pour Gogol.

    Michel Vinaver, adaptateur de la pièce Les Estivants de Gorki en 1983, signe également celle du Suicidé, œuvre tombée dans l’oubli après sa censure et la fin de la carrière théâtrale d’Erdman qui était l’un des plus grands auteurs de la dramaturgie grotesque selon Meyerhold. Jean-Pierre Vincent « ressuscite » avec cette adaptation Le Suicidé, qu’il monte avec la Troupe au Théâtre de l’Odéon en 1984, pour une qualité qui fut aussi la sienne, celle d’un dynamisme « qui place peut-être dans la théâtralité un optimisme que la vie ne peut plus momentanément apporter ».

    Florence Thomas
    Archiviste-documentaliste à la Comédie-Française

    NB : les dates correspondent à l’année de la mise en scène à la Comédie-Française

  • Mise en scène : Stéphane Varupenne
    Texte français et adaptation : Clément Camar-Mercier

    Dramaturgie : Clément Camar-Mercier
    Scénographie : Éric Ruf
    Costumes : Gwladys Duthil
    Lumières : Nathalie Perrier
    Musique : Vincent Leterme
    Son : Colombine Jacquemont
    Travail chorégraphique : Marlène Saldana
    Collaboration artistique : Thibault Perrenoud
    Assistanat à la scénographie : Dimitri Lenin

Documents

Distribution

  • Sylvia Bergé
    Grounia, une petite vieille
    Florence viala
    Sérafima Ilinitchna, mère de Macha
    christian gonon
    Nikifor Arsentiévitch Pougatchov, un boucher
    julie sicard
    Margarita Ivanovna Péresvétova, une gérante de restaurant
    serge bagdassarian
    Aristarque Dominiquovitch Grand-Skoubik, un intellectuel
    adeline d'hermy
    Maria Loukianovna (Macha), une salariée, épouse de Sémione
    jérémy lopez
    Sémione Sémionovitch Podsékalnikov, un chômeur, époux de Macha
    CHL trombi 2015 societaire honoraire
    Igor Timoféïévitch Iégorouchka, un coursier de la police militaire
    Anna Cervinka
    Cléopatra Maximovna, une bourgeoise romantique et une modiste
    Yoann Gasiorowski
    Viktor Viktorovitch, un écrivain
    clement bresson
    Alexandre Pétrovitch Kalabouchkine, un voisin, amant de Margarita
    Père Elpidy, un prêtre, un type douteux et un croque-mort
    lea lopez
    Raïssa Filippovna et une couturière
  • Melchior Burin des Roziers
    un jeune homme, Kostia, un type douteux et un croque-mort
  • et les musiciens
    Vincent Leterme : Stépan Vassiliévitch Péresvétov, époux de Margarita et piano
    Véronique Fèvre : clarinette
    Hervé Legeay (en alternance) : guitare
    Martin Leterme (en alternance) : guitare

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