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Saison hors les murs

Janvier - juillet 2026

La Salle Richelieu étant fermée pour travaux jusqu'à l'été 2026, la Troupe se produit depuis janvier dans 11 théâtres à Paris et à Nanterre.
Outre ses deux salles permanentes, le Théâtre du Vieux-Colombier et le Studio-Théâtre, elle joue notamment aux Théâtres de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, à la Villette-Grande Halle et au Théâtre du Châtelet.

Les spectacles de cette saison hors les murs sont en vente.

Les visites historiques « Sur les pas de Molière » et « Le Paris de Molière » continuent et se déroulent à l’extérieur.
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Six personnages en quête d'auteur

d'après Luigi Pirandello
Mise en scène Marina Hands
Saison 2023-2024
Du 5 juin au 7 juillet
Durée 2h
Lieu Théâtre du Vieux-Colombier
Six personnages en quête d'auteur
Maître du théâtre dans le théâtre, Luigi Pirandello propose avec cette pièce créée à Rome en 1921 une intrigue inédite : une équipe en train de répéter est interrompue par six personnages en quête d’un auteur acceptant d’écrire leur histoire, qui est allée de drame en drame. Pirandello a l’idée géniale de doubler les relations conflictuelles au sein de cette famille dysfonctionnelle d’un autre type de litige : les personnages s’insurgent contre la fausse vérité des acteurs et actrices jouant leur histoire.

Découvrir la pièce

  • Pour Marina Hands, le désir pressant d’être « incarné » questionne notre époque, course frénétique à la représentation de soi.
    « Qu’est-ce que c’est, un plateau ? [...] c’est un lieu où l’on joue à jouer pour de vrai », fait dire Pirandello à l’un des personnages.Vouant un amour inconditionnel à l’œuvre du dramaturge italien, elle la fait sienne dans une mise en scène immersive, repensant l’espace avec des hors champs qui activent l’imaginaire des loges ou des coulisses. Dans l’esprit de l’auteur italien, Marina Hands imagine jusqu’où le sentiment de la vraie vie fera effraction au sein du théâtre. Elle se souvient surtout des répétitions de Mais quelle Comédie ! dans un théâtre vide durant les confinements de 2021, spectacle codirigé avec Serge Bagdassarian, repris cette saison Salle Richelieu. C’est cette expérience qui l’a rappelée à Pirandello : elle a ainsi dirigé cette même pièce en Théâtre à la table en 2021 et prépare Les Géants de la montagne pour juin 2023. En recherche permanente sur le sens de son métier, elle interroge – avec l’histoire de cette équipe d’acteurs et d’actrices, directeur-chef de troupe, machiniste ou souffleur en train de répéter – ce qui fonde, dans un contexte de précarité du théâtre, la nécessité de cet art, pour les artistes et pour le public.

    NOUVELLE PRODUCTION

    grande ambassadrice de la création artistique

    Lorsque Luigi Pirandello accède à la scène à la cinquantaine, il est déjà l’auteur d’une importante production littéraire réunissant sept romans, quatre recueils de poèmes et un peu plus de deux cents nouvelles enracinées dans sa Sicile natale et terreau fertile pour l’écriture de ses pièces.
    En 1921, Pirandello triomphe à Milan avec Six personnages en quête d’auteur, pourtant violemment sifflé quelques mois auparavant à Rome. La création enthousiaste de Henri IV l’année suivante marque le début de sa célébrité et de son apparition sur les scènes françaises avec La Volupté de l’honneur (traduction de Camille Mallarmé) mis en scène par Charles Dullin au Théâtre de L’Atelier à Paris. La pièce, jugée trop cérébrale, reçoit des critiques maussades. Deux ans plus tard, Dullin réitère et présente, toujours à L’Atelier, Chacun sa vérité dans la traduction de Benjamin Crémieux, qui devient alors son traducteur associé. Le succès est considérable et le théâtre pirandellien investit d’autres scènes parisiennes, dont celle de la Comédie-Française.

    Renouvellement du répertoire à la Comédie-Française
    L’entrée au Répertoire de Pirandello en 1937, un an après sa mort, coïncide avec le début des mises en scène consacrées du XXe siècle qui met fin aux traditions de jeu transmises par le biais des dynasties familiales d’acteurs et d’actrices sous l’Ancien Régime, et à la notion d’« emploi » institutionnalisé par la Comédie-Française pour résoudre la question épineuse des distributions. Cette évolution débute avec l’auteur dramatique Édouard Bourdet nommé administrateur en 1936 et un Comité consultatif pour lequel il fait appel aux metteurs en scène issus du « Cartel des Quatre », Jacques Copeau, Gaston Baty, Charles Dullin et Louis Jouvet. Ces personnalités apportent un regard neuf sur les classiques, et des auteurs contemporains français et étrangers – notamment Jean Giraudoux, Henri-René Lenormand, François Mauriac ou Romain Rolland font leur entrée en force au Répertoire.
    Celle de Pirandello est portée par Charles Dullin qui est invité à remonter Salle Richelieu, treize ans après sa création à l’Atelier, Chacun sa vérité, dans des décors de Suzanne Lalique. Fernand Ledoux, Jean Debucourt et Berthe Bovy dans les rôles principaux en donnent, selon le traducteur, une interprétation de rêve. En 1952, Julien Bertheau reprend « à un pas près » la mise en scène de Dullin avec la même distribution principale.
    Chef-d’oeuvre de l’auteur et deuxième pièce à entrer au Répertoire, Six personnages en quête d’auteur est monté pour la première fois en 1952 avec la Troupe à la Salle Luxembourg. Julien Bertheau reconstitue la mise en scène dépouillée des Pitoëff qui l’avaient créé en 1923 à la Comédie des Champs-Élysées. Le couple était alors parvenu à convaincre l’auteur de faire descendre sur scène ses personnages à bord d’un monte-charge de service. Le triomphe avait été éclatant et des critiques pressentaient un tournant radical dans l’écriture théâtrale. Servie notamment par Jean Meyer, Fernand Ledoux et Renée Faure, la pièce exerce à nouveau une réelle fascination. Elle est remise à l’affiche en 1978 dans une production signée Antoine Bourseiller et une version française de Michel Arnaud établie d’après le manuscrit définitif de Pirandello. Le texte est ainsi restitué dans son cadre d’origine, avec des costumes cubistes de Sonia Delaunay et un fox-trot de Francis Salabert. En 1986, « la pièce à faire » de Pirandello est reprise à l’Odéon, mise en scène par Jean-Pierre Vincent.
    L’auteur lui-même est mis à l’honneur par la Comédie-Française en 1969 qui propose un « Spectacle Pirandello », composé de La Volupté de l’honneur et Un imbécile, mis en scène par François Chaumette. Cette formule est reprise à la demande de Jacques Lassalle en 1992 au Petit-Odéon, avec L’Étau et Je rêve (hors Répertoire). Enfin, en 1973, Henri IV, créé par les Pitoëff, est présenté par Raymond Rouleau à l’Odéon, avec François Chaumette dans le rôle-titre.
    L’exploration du théâtre pirandellien se poursuit au XXIe siècle, hors Répertoire, avec Les Grelots du fou présentés en 2005 au Théâtre du Vieux-Colombier par Claude Stratz et La Fleur à la bouche par Louis Arène au Studio-Théâtre en 2013.
    Marina Hands interroge avec cette mise en scène le « désir d’être incarné » qui résonne fortement avec notre époque, ainsi que le sens du métier de comédien et de comédienne dans un dispositif scénique qu’elle a souhaité immersif.

    Claire Lempereur
    Documentaliste à la bibliothèque-musée de la Comédie-Française

  • d'après Luigi Pirandello
    Traduction : Fabrice Melquiot
    Adaptation : Fabrice Melquiot et Marina Hands
    Mise en scène : Marina Hands
    Scénographie : Chloé Bellemère
    Costumes : Bethsabée Dreyfus
    Lumière : Bertrand Couderc
    Son : Jean-Luc Ristord
    Collaboration artistique : Anne Suarez

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